Le présent chapitre porte sur les coutumes et pratiques propres à l’artillerie.
1. Le Jour de l’artillerie est célébré le 26 mai chaque année. En 1952, le Major-général H.O.N. Brownfield, alors le Colonel-commandant, a obtenu la permission d’adopter la date de fondation de la Royal Artillery (le 26 mai 1716) comme fête de l’artillerie pour le Régiment royal de l’Artillerie canadienne.
2. Pour célébrer ce jour, on peut organiser des cérémonies spéciales, des compétitions sportives, des soirées ouvertes aux invités, des réceptions, des journées d’accueil et ainsi de suite.
Les batteries A et B de l’artillerie de garnison, les premières composantes régulières des Forces canadiennes, ont été constituées le 20 octobre 1871. Certaines unités d’artillerie de la Milice sont plus anciennes, mais le Régiment royal de l’Artillerie canadienne a adopté le 20 octobre comme date d’anniversaire. Ce jour sert aussi d’anniversaire au 1 RCHA. Comme pour le Jour de l’artillerie, on peut organiser des cérémonies spéciales, des compétitions sportives, des soirées ouvertes aux invités, des réceptions, des journées d’accueil et ainsi de suite.
1. Sainte Barbe est la patronne du Régiment royal de l’artillerie canadienne. Selon la légende, Sainte Barbe était la fille unique d’un noble riche mais païen du nom de Dioscore qui habitait près de Nicomédie en Asie mineure. Comme elle était d’une beauté exceptionnelle, son père, craignant qu’on la demande en mariage et lui enlève, l’enferma jalousement dans une tour pour la protéger du monde extérieur.
2. Peu avant son départ pour un long périple, Dioscore a ordonné la construction dans la tour d’une somptueuse salle de bain dont il a approuvé les plans. Barbe avait entendu parler des enseignements du Christ, et durant l’absence de son père, elle a passé beaucoup de temps en contemplation. Des fenêtres de la tour, elle observait le paysage et s’émerveillait devant la nature : les arbres, les animaux et les êtres humains. Elle a déterminé que tous ces bienfaits étaient certainement intégrés au plan de Dieu et que les idoles du bois et de la pierre que ses parents adoraient devaient être rejetées.
3. Barbe est en venue à accepter la foi chrétienne. Comme sa croyance s’affermissait, elle a exigé que les constructeurs modifient le concept de la salle de bain envisagée par son père en y ajoutant une fenêtre de manière que les trois ouvertures symbolisent la Sainte Trinité. Elle a aussi fait tracer une croix dans la baignoire en marbre. À son retour, son père a été pris d’une rage folle à l’idée qu’elle lui ait désobéi. Quand il a appris la signification des trois fenêtres, il a dégainé son épée dans l’intention de tuer sa fille. Sainte Barbe s’est mise à genoux pour prier et par miracle, elle s’est retrouvée transportée sur une colline. C’est là qu’un berger l’a trouvée et dénoncée à Dioscore. On l’a amenée de force devant Marcien, préfet de la province, qui a décrété qu’elle soit torturée et décapitée. Dioscore a exécuté lui-même la sentence de mort et durant son retour à la maison, il a été frappé par la foudre et consumé entièrement.
4. La vie et la mort de Sainte Barbe remonteraient aux années 300 avant Jésus-Christ. On vénère cette sainte dès le VIIe siècle. Le lieu désigné de son martyre est Héliopolis, en Égypte, et Nicomédie, en Asie mineure. L’année varie de 235 à 303 ans avant Jésus-Christ. La légende de la foudre qui a frappé son persécuteur lui a valu d’être perçue comme la sainte patronne des personnes en proie aux orages, à la foudre, au feu et à la mort subite.
5. Lorsque le monde occidental a découvert la poudre noire, on a commencé à prier Sainte Barbe pour se protéger contre les accidents découlant des explosions. Comme il arrivait souvent que les premières pièces d’artillerie explosent plutôt que de lancer leur projectile, Sainte Barbe est devenue la patronne des artilleurs. Elle est aussi la patronne des armuriers, des canonniers, des mineurs et de tous ceux appelés à manier des canons et des explosifs. On l’invoque pour se défendre contre le tonnerre et les éclairs et contre tout accident suite à l’explosion de la poudre noire.
6. En iconographie, on la représente debout à côté d’une tour à trois fenêtres, sous un calice avec l’Hostie ou alors la Bible. Elle tient souvent dans les mains un calice ou la paume d’un martyr. On voit parfois des canons tout près.
7. Les formations, unités et sous-unités d’artillerie peuvent célébrer la fête de Sainte-Barbe, le 4 décembre, en organisant des messes militaires, des compétitions sportives, des soirées ouvertes aux invités, des cocktails, des journées d’accueil et d’autres activités.
La coutume veut que la cravate de l’Artillerie (éclairs rouge sur bleu) soit portée avec les vêtements civils le vendredi.
Les anniversaires des unités de la Force régulière et de la Réserve sont indiqués à l’annexe A. Les dates se fondent sur les renseignements fournis à la DHP, d’après les lignées officielles de l’ARC. Il s’agit normalement de la première date à laquelle chacun des régiments a été autorisé, pas nécessairement du moment de l’autorisation des batteries composantes.
1. Une liste de tous les monuments commémoratifs de l’artillerie au Canada et à l’étranger figure à l’annexe B.
2. Chaque année, le jour de l’Armistice, la coutume veut qu’un officier d’artillerie en poste à Londres, habituellement l’officier d’échange du Canada à la Royal School of Artillery à Larkhill, aille déposer une couronne au pied du Royal Artillery Memorial dans Hyde Park. C’est l’Association de l’Artillerie royale canadienne qui fournit la couronne, au nom de tous les artilleurs canadiens en service ou à la retraite.
3. Le Parc de l’artillerie, situé à l’angle nord-est du Vieux-Québec, derrière les remparts, témoigne de plus de deux siècles et demi d’histoire. La présence de l’artillerie en ces lieux remonte à l’époque où les soldats de la Royal Artillery y établirent leurs quartiers, après la défaite des troupes françaises. En 1816, la Royal Artillery était devenue le principal occupant des fortifications et les soldats commençaient à parler de l’endroit comme de celui des casernes, de la cour et des magasins de l’artillerie.
4. En 1984, on inaugurait un autre parc de l’artillerie à la BFC Petawawa. Ce parc est l’oeuvre des artilleurs du 2 RCHA, qui l’ont érigé sur le terrain du mess des officiers d’artillerie, baptisé A-12. Le parc de l’artillerie de la BFC Petawawa commémore le service des artilleurs de Petawawa en temps de paix et en temps de guerre.
5. On a inauguré un nouveau parc de l’artillerie autour du monument commémoratif de Canoe River à la BFC Shilo (article 709) le 2 juillet 2000. On y trouve des cairns érigés en souvenir des aviateurs Proctor (parachutiste) et Flewin (Op Air) et un autre marquant le Centre d’entraînement de l’armée allemande à Shilo (GATES) entre 1974 et 2000.
1. Le 21 septembre 1959, le premier geste public et officiel du nouveau gouverneur général du Canada de l’époque, le Major général Georges P. Vanier, a été de dévoiler le Monument national aux artilleurs à Ottawa. La construction de ce monument impressionnant a été financée grâce aux dons de tout le personnel du Régiment royal à la fin de la Seconde Guerre mondiale, aux dons de particuliers et d’unités à mesure qu’approchait la date du début des travaux et à une subvention de l’Association de l’Artillerie royale canadienne. La cérémonie s’est déroulée devant de nombreux invités de marque dont le Premier ministre, des députés, le chef de l’opposition, des officiers supérieurs et des hauts fonctionnaires, des officiers britanniques et américains, ainsi que des artilleurs venus de partout au Canada. Les commandants de toutes les unités d’artillerie du pays ont défilé ensemble devant le monument, juste avant son dévoilement.
2. Le 24 mai 1998, les invités d’honneur et les membres de la famille de l’artillerie se sont réunis dans le parc de l’île Verte, à Ottawa, pour réinaugurer le Monument national aux artilleurs. Le monument commémoratif avait passé 39 ans au parc Major Hill, et a été déplacé en 1997 dans le cadre du plan de réaménagement de la Commission de la capitale nationale. Dans le parc de l’île Verte, le monument se retrouve avec le monument commémoratif de l’armée de l’air du Commonwealth en face de l’hôtel de ville, dans un décor remarquable et pittoresque.
3. Le 11 novembre de chaque année, une cérémonie commémorative a lieu au pied de ce monument, immédiatement après la cérémonie officielle au Cénotaphe. Le Colonel commandant ou le Directeur de l’Artillerie y dépose une couronne au nom du Régiment royal de l’Artillerie canadienne.
1. Le 21 novembre 1950, 17 soldats du 2 RCHA en route vers la Côte ouest, où ils devaient s’embarquer pour la Corée, ont péri dans un accident de train près de Canoe River, un petit village éloigné dans les montagnes Rocheuses.
2. Le monument commémoratif de Canoe River érigé à la BFC Shilo rappelle cette tragédie. Le Jour du Souvenir, on dépose une couronne au pied du monument à la mémoire de ces soldats.
3. Le 9 mai 1989, le 2 RCHA a dévoilé un cairn à Valemount, en Colombie-Britannique, en mémoire de ses soldats disparus. La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada a aussi érigé un cairn près du lieu de l’accident.
1. Le 16 mai 1889 au matin, un incendie éclate dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec, menaçant de détruire la majeure partie de la ville. La batterie B, sous le commandement du Major J.C. Short, est appelée à la rescousse. On décide de faire sauter quelques bâtiments de façon à isoler le secteur en proie aux flammes. Le Major Short, suivi du Sergent d’état-major G. Wallick, pénètrent dans un des bâtiments pour y placer un baril de poudre à canon. Une étincelle aurait jailli d’une ouverture et le baril de poudre aurait explosé, tuant les deux soldats.
2. En mémoire du Major Short et du Sergent d’état-major Wallick, les citoyens de Québec ont érigé un monument imposant au centre de la ville, dans la Grande-Allée, en face du Manège militaire. Ces vaillants soldats, immortalisés en buste dans le bronze, sont représentés côte à côte, les épaules enveloppées dans un drapeau. Un personnage féminin, qui symbolise la population reconnaissante de la ville de Québec, tient la hampe du drapeau d’une main et un bouclier aux armes de la ville, de l’autre.
l. La HQ RCA 1st Commonwealth Division a remis des canons de 25 livres en argent fin au 1 RCHA, au 2 RCHA et au 4 RCHA en reconnaissance de leurs services en Corée. De là est née la tradition voulant qu’à l’occasion de réceptions officielles et d’autres soirées de ce genre, on pointe le canon en direction d’une haute colline en Corée, baptisée « Côte 355 » en raison de sa hauteur en mètres. Pendant la guerre de Corée, les régiments en question ont utilisé des tonnes de munitions à cet endroit.
2. Le 4 RCHA a maintenu cette tradition jusqu’à sa dissolution. Le 2 RCHA, pour sa part, y est toujours fidèle en souvenir de ceux qui ont participé aux combats de la Côte 355. Le drill est expliqué à l’annexe C.
1. Le Régiment royal de l’Artillerie canadienne a reçu en cadeau des Royal Canadian Dragoons une statuette représentant un cavalier qui porte l’uniforme et l’équipement utilisés lors de la guerre d’Afrique du Sud. Cette statuette a été remise au régiment par le Major-général C.C. Mann, CBE, DSO, CD, en 1962, afin de commémorer la longue association entre les Royal Canadian Dragoons et la Royal Canadian Horse Artillery.
2. Cette association remonte à la fondation de l’école de cavalerie à Québec en 1883; celle-ci est annexée à la batterie A de la Royal School of Gunnery, qui a elle-même été transférée de Kingston à Québec en 1880. Ces liens se resserrent davantage au cours de la Première Guerre mondiale, lorsque la RCHA Brigade est appelée à appuyer la Canadian Cavalry Brigade, dont les Royal Canadian Dragons forment le régiment le plus ancien. L’association se poursuit lors des campagnes de Sicile et du nord-ouest de l’Europe, de même qu’après la guerre, dans le cadre des affectations de garnison au Canada et en Europe avec le 4 GBMC.
3. Comme le trophée a été offert à la RCHA dans son ensemble, on ne juge pas acceptable qu’il soit conservé en permanence par les batteries A ou B, dont l’association avec les Royal Canadian Dragoons est la plus ancienne. Le brigadier P.A.S. Todd, à l’époque Colonel commandant, décide donc que le trophée en question sera conservé par le régiment de la RCHA stationné le plus à proximité des Royal Canadian Dragoons.
4. Par conséquent, la statuette est remise au 1 RCHA stationné à Gagetown avec les RCD. Lorsque le 1 RCHA est envoyé en Allemagne en 1967, la statuette passe au 2 RCHA à Gagetown. Puis, en 1968, les RCD étant à leur tour envoyés en Allemagne, elle retourne au 1 RCHA. À la fin de l’opération Springbok-Coronet, à l’été 1987, les RCD de retour à Petawawa ramènent la statuette. Aujourd’hui, c’est le 2 RCHA qui, au nom du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, a la garde de ce trophée qui témoignera pour toujours de la longue association ininterrompue, en temps de paix comme en temps de guerre, entre la Royal Canadian Horse Artillery et les Royal Canadian Dragoons.
1.Le titre de maître canonnier peut être utilisé par tous les diplômés du cours de maître canonnier. On peut s’en servir lorsqu’on s’adresse directement au titulaire ou que l’on mentionne son nom. Toutefois, 1e titre ne peut remplacer le grade dans la correspondance officielle. En pareil cas, l’usage veut qu’on indique le titre entre parenthèses après le grade, comme ceci : Adjudant-chef (maître canonnier).
2. Au sein du Régiment royal, on doit utiliser les titres bombardier-chef, bombardier et artilleur. Le premier désigne un caporal-chef membre du Régiment royal de l’Artillerie canadienne. L’appellation caporal-chef est réservée au caporal-chef qui n’est pas membre du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, même s’il est membre d’une unité d’artillerie. La même règle s’applique dans le cas du bombardier ou du caporal et de 1’artilleur ou du soldat.
3. On s’adresse à un adjudant-chef de la manière suivante :
1. Jusqu’à ces dernières années, les visites officielles occupaient une place très importante dans la vie des officiers régimentaires et de leurs épouses. Les femmes des officiers nouvellement arrivées rendaient officiellement visite à la femme du commandant et vice versa. À cette occasion, l’usage voulait qu’on laisse sa carte de visite sur un plateau d’argent, dans le vestibule. Les officiers qui se rendaient dans une autre unité que la leur laissaient toujours leur carte sur un plateau d’argent, ou encore dans le porte-cartes accroché au mur près de l’entrée. Beaucoup d’officiers sont toujours fidèles à cette coutume, même si la tradition des visites officielles entre épouses a été abandonnée dans de nombreuses unités en raison de l’évolution de la société et d’une réduction générale des formalités. De nombreux officiers ont encore leur carte de visite; dans certaines unités, celle-ci est même obligatoire. Beaucoup de conjoints ont également leur propre carte qu’ils peuvent joindre au bouquet de fleurs ou au panier de fruits déposé chez une personne absente au moment de leur visite, par exemple. Les officiers sont encore tenus de présenter leur carte de visite à l’occasion de la réception du Nouvel An au Quartier général de la Défense nationale à Ottawa, à la résidence du gouverneur général et en d’autres occasions officielles.
2. Les cartes de visite des officiers mesurent trois pouces sur un pouce et demi. L’inscription, en scriptes, doit être telle qu’indiquée à l’annexe D. Les décorations sont incluses. Les cartes professionnelles de type MDN sont acceptées également.
3. Les cartes de visite des conjoints ont trois pouces et quart sur deux pouces et quart. L’inscription, en scriptes, doit être telle qu’indiquée à l’annexe D.
(715 à 799 inclusivement – disponibles)