Défence nationale
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Ordres permanents - Chapitre 5
Exercice et cérémonial

501. Généralités

Le Régiment royal de l’Artillerie canadienne suit, en général, toutes les règles établies en matière d’exercice et de cérémonial. Il a toutefois conservé des traditions uniques et revendique certaines prérogatives.

502. La Droite de la ligne

1. Dans un rassemblement militaire de l’Armée de terre, l’honneur d’être placé à la droite de la ligne revient aux unités de la Royal Canadian Horse Artillery lorsque celles-ci se présentent au rassemblement avec leurs pièces d’artillerie. Il y a exception lorsque les élèves-officiers des collèges militaires du Canada font partie du même rassemblement et qu’ils constituent une unité ou un détachement représentant leur collège; ces derniers ont alors la préséance. Les unités de l’ARC sont placées à la gauche des unités du Corps blindé royal canadien. L’OAFC 61-6 fournit de plus amples détails sur les règles de préséance dans les Forces canadiennes.

2. Formée à Québec en 1750, la compagnie d’artillerie des Troupes de la Marine est considérée comme un corps d’élite et occupe dans les rassemblements la place d’honneur à la droite de la ligne. C’est à peu près à cette époque que la Royal Artillery se voit accorder officiellement le même honneur.

3. On ne sait toujours pas en quelle année exactement la Royal Artillery s’est fait attribuer sa place à la droite de la ligne, mais il est fort probable que cela se soit produit dans les Flandres, entre 1742 et 1748. Des écrits attestent qu’en 1742, dans un camp établi à Lexden Heath, près de Colchester : « l’Artillerie, de sa propre autorité, se déplaça de la gauche à la droite du camp, ce qui se trouvait être sa place habituelle ».

4. En 1756, le litige est porté à l’attention des autorités officielles par suite d’une plainte déposée par le Capitaine Pattison, dont la compagnie d’artillerie s’est vu refuser sa place habituelle à la droite à l’occasion d’un rassemblement où elle devait assister à l’exécution d’un déserteur. Le Capitaine fonde ses revendications sur la coutume en usage dans les Flandres. Sa réclamation est confirmée dans une lettre officielle qui se termine ainsi :

« Le duc de Cumberland ordonne au Colonel Bedford d’écrire au Capitaine Pattison pour l’informer que Son Altesse Royale commande que l’Artillerie soit placée à la droite de tous les fantassins de même que des dragons à pied dans tous les rassemblements, et d’en aviser le Général Bland ».

5. En 1773, à Gibraltar, le commandant de la Royal Artillery s’élève contre la décision du gouverneur de modifier l’ordre de préséance reconnu à l’occasion de l’inspection de la garde. Ses protestations sont soumises à Sa Majesté, qui donne raison aux artilleurs. La coutume est confirmée de nouveau en 1787, lorsqu’on se demande si la Royal Irish Artillery devait être placée à la droite ou à la gauche des Royal Military Artificers, qui suivaient immédiatement la Royal Artillery dans l’ordre de préséance. Voici la réponse obtenue : « Anglaise ou irlandaise, l’Artillerie royale doit être placée à la droite, sans exception. »

6. Depuis sa formation en 1793, la Royal Horse Artillery a préséance même sur les unités de cavalerie (y compris la Household Cavalry), après la préséance établie de l’artillerie à pied sur l’infanterie au complet (y compris la garde à pied). Cette préséance est confirmée en 1804, mais modifiée par la reine Victoria en 1868 de manière que la Royal Horse Artillery, lorsqu’elle se présente au rassemblement avec ses pièces d’artillerie, ait préséance sur la Household Cavalry, qui autrement se place à la droite de la ligne avec la Garde personnelle de la Souveraine.

7. L’ordre de préséance au sein du Régiment royal de l’Artillerie canadienne est indiqué au paragraphe 104.



503. L’exercice (drill)

1. Toutes les unités du Régiment royal de l’Artillerie canadienne doivent s’en tenir aux dispositions prévues dans l’A-PD-201-000/ PT 000, Manuel de l’exercice et du cérémonial des Forces canadiennes. On observe toutefois les traditions suivantes dans le cadre des drills d’artillerie au sein du régiment :

    a. Un défilé d’artillerie est toujours remis lorsque les troupes sont à la position « en place repos ». Cela s’applique à tous les échelons de commandement incluant une formation d’artillerie. Cependant, les sous-unités, unités et formations d’artillerie reçoivent l’officier de revue à la position du garde-à-vous. Cette pratique remonte à l’époque où les canons n’avaient pas encore de mécanisme de recul et devaient donc être ramenés en position de tir à la force de bras. Après avoir écouvilloné, chargé, mis à feu et remis en batterie, les artilleurs étaient épuisés. Aussi, les commandants qui venaient féliciter les artilleurs pour leur contribution à la victoire leur accordaient le privilège de recevoir ces accolades « en place repos » plutôt qu’au garde-à-vous. Un officier de revue est accueilli par le rassemblement au garde-à-vous;

    b. à moins d’ordres contraires, les officiers et troupes qui s’occupent des armes et du matériel du régiment doivent accomplir leurs tâches au pas de gymnastique, sauf lorsqu’il s’agit de manipuler des munitions;

    c. les membres de l’Artillerie qui ont reçu des fusils avec baïonnette doivent porter la baïonnette. Normalement, les troupes d’artillerie ne mettent pas la baïonnette au canon, sauf lorsqu’elles en reçoivent l’ordre en vue d’une cérémonie ou qu’elles sont appelées à monter la garde en compagnie d’autres services ou corps de l’armée qui portent la baïonnette au canon.


504. Salves d’honneur

1. Lorsqu’on tire une salve d’honneur pendant un salut royal ou général, ce salut doit se dérouler de la façon normale, quelle que soit la durée de la salve d’honneur.

2. Pendant un salut royal ou général, la pratique courante au sein du Régiment royal est de commencer à tirer les salves d’honneur à l’exécution du dernier mouvement du commandement « Présentez armes ». En toute autre occasion, le commandant de la troupe de tir contrôle les salves et en détermine la fréquence.

3. Le genre de salve à tirer est établi en fonction de la cérémonie dans son ensemble et avec le souci de ne pas incommoder les dignitaires et les spectateurs. On doit porter une attention particulière au bruit lorsque des chevaux participent à la cérémonie.

4. La troupe affectée à la salve d’honneur doit compter quatre pièces d’artillerie et relever d’un commandant, d’un officier de tir et d’un sergent-major de troupe. Pour manoeuvrer les pièces, on aura recours au drill de tir à genoux. La troupe affectée à la salve doit être déployée, si possible, en un endroit proéminent et être inspectée par l’officier de revue.

5. La liste des salves d’honneur accordées aux personnes de marque se trouve à l’annexe A du chapitre. D’autres dispositions relatives aux salves d’honneur sont énoncées dans 1’OAFC 61-8 et l’A-PD-201-000/PT-000, Manuel de l’exercice et du cérémonial des Forces canadiennes.



505. Cérémonies nuptiales

1. Dans les circonstances, les époux et les invités peuvent porter 1’uniforme militaire. La tenue de service (1 ou 1A) est alors celle qui convient. Les invités peuvent également porter l’épée à l’église.

2. La tradition veut qu’au mariage d’un militaire, un groupe de ses compagnons d’armes forment une voûte de leurs sabres sous laquelle le cortège nuptial, en uniforme ou en tenue civile, s’engagera. Six ou huit officiers, dont l’un est chargé de commander le groupe, se placent face à face, en deux rangs égaux, sabres au clair. Au commandement « Formez voûte », ils amènent le sabre à la position « Replacez l’arme » puis, après une pause réglementaire, allongent le bras droit jusqu’à sa pleine extension en l’élevant à un angle de 45 degrés. En même temps, ils tournent le poignet dans le sens contraire des aiguilles d’une montre (à 270o) de façon à ce que le faux tranchant du sabre se trouve finalement orienté vers le bas et le tranchant ainsi que la garde, vers le haut. Après le passage du cortège nuptial, on répète ces mouvements dans l’ordre inverse, au commandement « garde-à-vous ». La marche à suivre pour former la voûte se trouve dans l’A-PD-201-000/PT-000, Manuel de l’exercice et du cérémonial des Forces canadiennes.

3. La tradition veut que les nouveaux mariés, après être passés sous la voûte de sabres, montent sur l’avant-train d’un canon pour se rendre de l’église à la salle de réception.

4. La réception de noces se déroule de la façon habituelle. Cependant, les nouveaux époux peuvent utiliser un sabre pour couper le gâteau de noces.



506. Funérailles militaires

1. Depuis la préhistoire, les rois et guerriers étaient amenés à leur tombe avec leurs armes, les soldats romains étaient transportés sur leurs boucliers, les chefs Vikings sur leurs bateaux en feu et les chevaliers étaient enterrés avec leur cheval. Deux coutumes actuelles concernant les funérailles tirent leurs origines de ces débuts mystiques, le cheval sans cavalier et l’utilisation d’une prolonge de canon comme corbillard.

2. Un cheval noir, sellé mais portant des bottes à éperons renversées dans les étriers, symbolise le soldat qui ne se rendra plus au champ de bataille. L’artillerie étant un corps monté, cette coutume est appropriée pour des funérailles d’artillerie.

3. Il y a longtemps qu’on utilise, dans les cortèges funèbres, des prolonges d’artillerie dotées d’une plateforme spéciale pour transporter le cercueil. Le caisson est facultatif et la prolonge peut être tirée par des hommes, un cheval ou un véhicule. Le canon de 25 livres et le C1 de 105 mm sont les pièces d’artillerie qui se prêtent le mieux à cet usage en raison de leur excellente stabilité et de leur hauteur. Dans le cortège funèbre, les porteurs marchent de chaque côté de la prolonge d’artillerie. L’utilisation d’une prolonge en guise de fourgon mortuaire n’est pas un usage réservé aux artilleurs, mais bien une pratique courante dans le cas d’obsèques militaires.

4. L’OAFC 24-5 et l’A-PD-201-000/PT-000, Manuel de l’exercice et du cérémonial des Forces canadiennes, renferment d’autres précisions sur les funérailles militaires.



507. Avis de décès de membres actuels et antérieurs du Régiment royal de l’Artillerie canadienne

1. Communication et coordination. Il est de la plus haute importance que le Colonel commandant, le Directeur de l’Artillerie et le QGR ARC soient informés promptement du décès d’un membre actuel ou antérieur du Régiment royal de l’Artillerie canadienne. Les BPR qui suivent ont la responsabilité d’informer le Directeur de l’Artillerie et le Major régimentaire de l’ARC de tout décès dans leur secteur géographique :

    a. Secteur de l’Atlantique de la Force terrestre.
    BPR
    : Commandant de l’école d’artillerie;

    b. Secteur du Québec de la Force terrestre.
    BPR
    : Commandant du 5 RALC;

    c. Secteur du Centre de la Force terrestre.
    BPR
    : Commandant du 2 RCHA;

    d. Secteur de l’Ouest de la Force terrestre, sauf la province de la Colombie-Britannique.
    BPR : Commandant du 1 RCHA;

    e. Colombie-Britannique.
    BPR
    : Commandant du 15e Régiment d’artillerie de campagne, ARC;

    f. Secteur du Nord des Forces canadiennes.
    BPR
    : Officier artilleur supérieur du QG SNFC;

    g. Europe et États-Unis.
    BPR
    : Officier artilleur supérieur affecté à l’ELFC(L) ou à l’ELFC(W) ou officier nommé par le D Artil.

2. Tous les avis de décès sont acheminés au BPR respectif par l’entremise du quartier général de l’unité d’affiliation.

3. Une fois informé du décès d’un membre actuel ou antérieur du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, le Directeur de l’Artillerie assure la coordination avec les autorités compétentes du QGDN, ou le commandant de la base ou autre concerné, pour que l’aide ou la représentation du régiment soit apportée s’il y a lieu. Les avis sont transmis à titre d’information au Colonel commandant, au QGR ARC et à toutes les unités d’artillerie. Le QGR ARC publie ensuite un avis de décès sur le site Web de l’ARC et dans la prochaine édition du Quadrant.



508. Défilés de passation du commandement de l’Artillerie

1. Même si la passation du commandement d’une unité peut se résumer à une cérémonie de signatures dans un bureau, il est de tradition de souligner l’événement par un défilé régimentaire. Il convient d’inviter le Colonel commandant à ce défilé.

2. Voici la marche à suivre durant le défilé :

    a. le nouveau commandant arrive en compagnie de l’officier de revue et l’accompagne comme membre de l’équipe de revue;

    b. le régiment défile une fois et les rangs se reforment à la ligne de revue;

    c. on procède aux présentations, à la signature des certificats et aux allocutions :

      (1) on fait en premier lieu toute présentation à un autre dignitaire que le commandant sortant;

      (2) en deuxième lieu, le commandant sortant adresse la parole à son unité pour la dernière fois;

      (3) en troisième lieu, les certificats de passation de commandement sont signés (voir le par. 3), puis on procède aux présentations, par exemple à la remise du fanion du commandant au commandant sortant;

      (4) en dernier lieu, l’officier de revue prononce une allocution et le nouveau commandant répond brièvement aux deux allocutions si les circonstances s’y prêtent;

    d. sous la direction du nouveau commandant, le régiment défile devant le commandant sortant;

    e. le régiment avance en ordre de revue et rend hommage à l’officier de revue;

    f. l’officier de revue quitte les lieux en compagnie du commandant sortant.

3. Lors de la cérémonie de signatures, l’officier qui préside prend place devant le podium, en compagnie du nouveau commandant. Le commandant sortant s’avance, s’arrête devant l’officier président et salue. Le fanion du commandant est amené, habituellement par le chauffeur ou la trompette, et puis remis au commandant sortant qui le remet à son tour à l’officier président. Le nouveau commandant et le commandant sortant se rendent à une table placée à côté du podium et signent les certificats de passation de commandement, sous la surveillance de l’officier président. Ce dernier remet ensuite au nouveau commandant le fanion du commandant.

4. On encourage la tenue de cérémonies de ce genre au niveau de la batterie lors de la relève des commandants de batterie.



509. Relève des SMR

1. Le Régiment royal encourage le maintien de la tradition récente voulant que le commandant transmette la canne régimentaire du SMR sortant au nouveau SMR. Cette cérémonie en toute simplicité permet au commandant de confier au nouveau SMR l’exécution des fonctions et responsabilités inhérentes à son poste en présence de l’unité.

2. Le drill devrait être simple pour l’occasion. À l’issue d’un défilé régimentaire, le commandant demandera aux SMR sortant et arrivant de s’avancer et de s’échanger la canne. Après avoir donné l’ordre de rompre au SMR sortant, le commandant demandera au nouveau SMR de prendre place dans le défilé. Une fois que le commandant en second aura cédé le commandement au SMR, le nouveau SMR dirigera les troupes hors du terrain de rassemblement pendant que le SMR sortant les observera du podium, au garde-à-vous.

3. On encourage la tenue de cérémonies de ce genre au niveau de la batterie lors de la relève des SMB.

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