Défence nationale
Symbol of the Government of Canada

Ordres permanents - Chapitre 1
Introduction

101. introduction historique

1. Un bon nombre des unités et batteries du Régiment royal de l’Artillerie canadienne ont vu le jour avant la fondation du Canada. La première compagnie d’artillerie formée au Canada a été mise sur pied à Québec en 1750. Le Régiment a toujours été composé de deux importants éléments – la force régulière et la milice. Les artilleurs de la force régulière et de la milice ont combattu dans chacune des guerres auxquelles le Canada a participé. Les artilleurs canadiens ont joué un rôle important dans la vie de nombreuses communautés canadiennes et dans l’histoire du Canada.

2. L’Acte de la milice de 1855 a autorisé la formation de la première force canadienne rémunérée, un effectif de 5 000 hommes. Cette force regroupait sept batteries d’artillerie indépendantes. Trois des batteries originales sont perpétuées aujourd’hui par des batteries de la milice. Avant 1855, il existait des batteries d’artillerie canadienne volontaires, mais la continuité de certaines de ces batteries est difficile à retracer. Une de ces unités antérieures à 1855, la « Loyal Company of Artillery », a été formée à Saint-Jean (N.-B.) en 1793 et elle est perpétuée aujourd’hui par le 3rd Field Artillery Regiment RCA.

3. L’élément régulier du Régiment a été formé le 20 octobre 1871 lorsque deux batteries de garnison, les batteries « A » et « B », ont été autorisées et établies à Kingston et Québec respectivement. Ces batteries devaient assurer le service de garnison ainsi que servir d’« École de canonnerie ». Les Batteries « A » et « B » sont l’élément régulier le plus ancien des Forces canadiennes ayant servi continuellement comme « réguliers » depuis leur formation. Elles servent aujourd’hui au sein du « 1st Regiment, Royal Canadian Horse Artillery ». Le Régiment a adopté le 20 octobre 1871 comme anniversaire, cette date marquant le commencement du rôle exercé par le Régiment dans le tout nouveau Dominion.

4. On trouvera au chapitre 10 une histoire condensée du Régiment royal de l’Artillerie canadienne.



101. Titres

1. En 1893, à l’occasion de son anniversaire de naissance, la reine Victoria confère l’honneur spécial du titre « royal » à l’artillerie de la milice permanente du Canada, qui devient « The Royal Canadian Artillery ». Le 29 octobre 1956, le régiment prend le nom de « The Royal Regiment of Canadian Artillery », dont l’abréviation officielle est RCA en anglais.

2. Ces titres existent maintenant dans les deux langues officielles : « The Royal Regiment of Canadian Artillery/Le Régiment royal de l’Artillerie canadienne »; « Royal Canadian Artillery/Artillerie royale canadienne » et « RCA/ARC ».

3. L’appellation « Royal Canadian Horse Artillery » est adoptée pour la première fois en 1905 lorsqu’on fait l’acquisition de canons de 13 livres pour les unités d’artillerie de la Force régulière. Depuis ce temps, les unités de la Royal Canadian Horse Artillery font partie de l’élément régulier du Régiment royal. En 1952-1953, on décide que tous les régiments d’artillerie de la Force régulière ayant la tâche de fournir l’appui rapproché seraient des unités de la « RCHA » et que toutes les autres unités d’artillerie seraient de l’ARC. Cette décision est reconfirmée en 1967. Lorsque le 5e Régiment d’artillerie légère du Canada est formé, il devient une unité de la « RCHA ».

4. L’annexe A indique l’allocation à l’origine des batteries.



103. Lignées officielles

1. Durant presque toute l’histoire régimentaire, la tradition se poursuit au niveau de la batterie. Ainsi, les batteries sont l’unité de base de l’organisation de l’artillerie et sont brigadées lorsque c’est nécessaire à des fins opérationnelles ou d’entraînement. En conséquence, l’organisation au niveau supérieur subit de nombreux changements, même si les batteries retiennent leur identité géographique ou s’identifient à des communautés spécifiques. Cela demeure vrai encore aujourd’hui en ce qui concerne la Réserve, mais ce n’est pas le cas des batteries de la Réserve, qui ont servi à divers endroits au Canada et outre-mer.

2. Après la Seconde Guerre mondiale, les batteries sont regroupées en régiments sur une base relativement permanente et la continuité par régiment devient la norme. Durant les périodes de réorganisation, les batteries sont réaffectées à de nouvelles organisations régimentaires ou reçoivent le statut de batteries indépendantes. À des fins historiques, le Directeur - Histoire et patrimoine possède un éventail de documents de ces lignées. Ces documents ont des renvois établis et il est possible de retracer les lignées passées à partir des titres courants ainsi qu’à partir des anciennes désignations de batteries ou de régiments. Les unités ayant servi durant les guerres et toutes les branches de l’artillerie sont incluses dans ces archives.

3. Les lignées d’artillerie sont publiées séparément sous forme d’ébauche dans le présent disque compact. La Direction – Histoire et patrimoine publiera sous peu les versions définitives dans l’A-AD-267-000/AF-003, Les insignes et lignées des Forces canadiennes. On trouvera à l’annexe C un aperçu de la vie du Régiment royal à diverses époques entre 1866 et 2000.

4. Les titres d’unités et les abréviations corrects et approuvés sont reproduits à l’annexe B. Il est à noter que les titres d’unité ne sont que çà; dans certains cas, ils n’existent pas dans l’autre langue officielle. Des exceptions à cette règle sont faites pour les régiments de défense antiaérienne et l’École de l’Artillerie royale canadienne, qui ont tous des titres approuvés dans les deux langues officielles. Les titres éventuels seront traduits et désignés dans les deux langues officielles conformément à 1’OAFC 2-15 (Ordonnance administrative des Forces canadiennes).



104. Ordre de préséance

1. La préséance des unités du Régiment royal de l’Artillerie canadienne est indiquée dans cette section. D’autres détails sur la préséance des éléments de l’Armée de terre des Forces canadiennes se trouvent dans l’OAFC 61?6.

2. Il faut éviter de confondre ancienneté et préséance. L’ancienneté des régiments et unités du Régiment royal de l’Artillerie canadienne est déterminée selon leur date d’incorporation dans la Force régulière ou la Réserve. La préséance est basée sur la tradition et le genre d’unité, et détermine la position de l’unité lors de défilés ou l’ordre d’énumération dans les listes de diffusion.

3. Lors de défilés à cheval, les unités de la Royal Canadian Horse Artillery ont préséance sur toutes les autres unités de l’Armée, à l’exception des groupes formés d’élèves-officiers du Collège militaire royal du Canada représentant leur collège. Lorsqu’une unité de la RCHA défile avec ses canons, elle a préséance sur toutes les unités de la force terrestre.

4. Les autres unités du Régiment royal de l’Artillerie canadienne suivent immédiatement les unités du Corps royal des blindés canadien. Se reporter à l’OAFC 61?6 pour toute précision.

5. Les règles générales qui suivent s’appliquent pour établir la préseance au sein du Régiment royal de l’Artillerie canadienne :

    a. les unités de la Force régulière en séquence numérique par unités et en ordre alphabétique par batteries;

    b. les unités de la Réserve en séquence numérique par unités et par batteries;

    c. les unités opérationnelles et de combat ont préséance sur les écoles d’instruction;

    d. si une définition plus précise est requise, l’ordre de préséance suivant s’applique :

      (1) artillerie de campagne

      (2) artillerie lourde,

      (3) artillerie de missile (sol-sol),

      (4) repérage (acquisition d'objectifs),

      (5) canons de défense aérienne,

      (6) missiles de défense aérienne, et

      (7) quartiers-généraux;

    e. L’élément de commandement prend sa position normale dans le défilé tel qu’il est indiqué dans l’A-PD-201-000/PT-000, le Manuel d’exercice et de cérémonial des Forces canadiennes. Les batteries de commandement et de service défilent à la gauche de l’unité.

    f. Lorsqu’au cours d’un défilé, des batteries sont séparées de leur unité d’appartenance, elles sont placées derrière les unités de commandement mais avant toutes batteries indépendantes.

6. La préséance des unités d’artillerie est indiquée à l’annexe B.



105. Honneurs de bataille, devises et armoiries

1. Le Régiment royal de l’Artillerie canadienne possède deux devises, « UBIQUE » (partout) et « QUO FAS ET GLORIA DUCUNT » (où la gloire et la droiture mènent). Celles-ci peuvent figurer sur les affectations régimentaires. La première devise « UBIQUE » remplace tous les honneurs de bataille en reconnaissance du service rendu par l’artillerie dans toutes les batailles et campagnes.

2. En 1832, le roi Guillaume IV d’Angleterre accorde au Régiment royal de l’Artillerie canadienne le droit de porter les armoiries royales sur ses affectations et canons avec la devise « UBIQUE QUO FAS ET GLORIA DUCUNT » (Partout où la gloire et la droiture mènent). L’année suivante (1833), l’ordonnance est modifiée pour préciser que « UBIQUE » et « QUO FAST ET GLORIA DUCUNT » sont deux devises distinctes.

3. L’Artillerie canadienne est autorisée à porter sur ses affectations les mêmes armoiries royales et la devise « QUO FAS ET GLORIA DUCUNT » plus le mot « CANADA ». Après la Première Guerre mondiale, lorsqu’il est débattu des honneurs de bataille, l’ARC demande la permission d’utiliser « UBIQUE » (à la place de « CANADA ») en reconnaissance de services distingués dans toutes les campagnes outre-mer. Cette demande est approuvée par le roi Georges V le 5 août 1926 et promulguée l’année suivante dans l’ordre G042/1927.

4. On distingue les unités de la Royal Canadian Horse Artillery par la présence du Chiffre royal sur leur drapeau régimentaire. La devise « Honi soit qui mal y pense » n’est pas une devise de l’artillerie mais une devise de l’Ordre de la Jarretière.



106. Alliances

1. Le Régiment royal de l’Artillerie canadienne est allié au Royal Regiment of Artillery..

2. L' alliance des unités suivantes existe aussi:

    a. 1 RCHA et le 1 RHA;

    b. 2 RCHA et le « 2 Field Regiment RA »;

    c. « 49th Field Artillery Regiment, RCA » et « The Princess of Wales’ Royal Regiment (Queen’s and Royal Hampshires) ».



107. La Maison régimentaire

1. La présence de l’Armée canadienne dans la région de la BFC Shilo remonte aux années antérieures à la Première Guerre mondiale. Le camp Sewell a en effet été établi en 1910 à cinq kilomètres au nord-est de l’emplacement actuel de la BFC Shilo. Il servait à l’entraînement de l’infanterie, de la cavalerie et de l’artillerie du dixième district de la Milice (Saskatchewan, Manitoba et secteurs du Nord de l’Ontario).

2. Le camp Sewell est rebaptisé camp Hughes en 1915, en l’honneur du ministre de la Défense nationale de l’époque, Sir Sam Hughes. Plus de 24 000 soldats canadiens y sont formés à la guerre des tranchées avant d’être envoyés en Europe pour participer à la Première Guerre mondiale. Le camp Hughes demeure ouvert jusqu’en 1934, après quoi il sert de lieu d’instruction occasionnel jusqu’en 1950, intégré à la BFC Shilo (autrefois le camp Shilo) établie à l’emplacement actuel en 1933. Il fallait agrandir le secteur d’entraînement et la région immédiate du camp Hughes n’était pas accessible, ce qui explique cette réinstallation plus au sud. Un bon nombre des bâtiments originaux du camp Hughes ont été déménagés à Shilo.

3. 3. Jusqu’en 1946, la BFC Shilo est un camp d’entraînement destiné aux trois armes, mais les artilleurs s’y trouvent en grand nombre dans les années 1930 à cause de l’instruction de l’artillerie de la Milice active non permanente (MANP). En 1940, l’A3 CEAC est constitué pour offrir l’instruction d’artillerie de campagne, d’artillerie moyenne et d’artillerie antichar. Des exercices se tiennent à Shilo chaque été jusqu’à ce que le CEAC y soit établi en permanence en janvier 1943. En 1946, c’est la fondation de l’École de l’Artillerie royale canadienne à Shilo, en vertu de l’ordonnance générale 87 concernant les établissements de guerre et territoriaux (en vigueur le 30 janvier 1946, modifiée la même année suite aux ordonnances 179 et 189). On peut donc considérer le 30 janvier 1946 comme la date d’origine « officielle » de la maison régimentaire de l’ARC. Le dernier commandant de l’A3 CEAC, le Lieutenant-colonel H.E. Brown, OBE, ED, devient le premier commandant de l’EARC en janvier 1946. Une liste des anciens commandants de l’A3 CEAC et une liste des commandants de la maison régimentaire se trouvent à l’annexe C du chapitre 2. Le quartier général de base est établi le 1er novembre 1948 (CdnV/643B/3).

4. La BFC Shilo devient la maison régimentaire de tous les artilleurs du Régiment royal de l’Artillerie canadienne en 1960, suite à la fermeture des écoles d’artillerie côtière et de défense aérienne. Le Musée de l’Artillerie royale canadienne et le quartier général du Régiment royal de l’Artillerie canadienne se trouvent également à la maison régimentaire.



108. Les mess du Régiment royal de l’Artillerie canadienne

1. Le Mess des officiers de la Maison régimentaire du Régiment royal de l’Artillerie canadienne est situé à la BFC Shilo au Manitoba. Le mess de la maison est le « mess des officiers de l’ARC » et au nom de tous les artilleurs canadiens, la tradition des artilleurs est maintenue par les unités d’artillerie et les officiers qui sont affectés à la BFC Shilo.

2. Le mess original des officiers d’après-guerre à Shilo est le mess combiné du « 71st Field Regiment Royal Canadian Horse Artillery » (rebaptisé le « 1st Regiment RCHA »), la « 127th Anti-Tank Battery », la « 68th Medium Battery » et la « Royal Canadian School of Artillery ». Durant cette période, il y a aussi des mess des officiers d’artillerie à la « Royal Canadian School of Artillery » (antiaérienne) à Picton, en Ontario, la « Royal Canadian School of Artillery » (côtière et antiaérienne) à Esquimalt en Colombie-Britannique et le mess combiné des 128 et 129e Batteries antiaériennes à Gordon Head en Colombie-Britannique (normalement appelé le Mess des officiers de Gordon Head). Lorsqu’en août 1960, les trois écoles d’artillerie sont réunies, le Mess des officiers de Shilo devient le Mess de la maison régimentaire.

3. Le Mess de la maison régimentaire des adjudants et sergents du Régiment royal de l’Artillerie canadienne est le Mess des adjudants et sergents de la BFC Shilo et porte le nom officiel de Mess de la maison régimentaire des adjudants et sergents de l’Artillerie royale canadienne.

4. Vu que les mess de la maison régimentaire sont les dépôts des souvenirs et traditions de l’ARC, ils reçoivent un appui de l’Association de l’Artillerie royale canadienne et du Fonds régimentaire de l’ARC.

109. Membres honoraires des mess des officiers de l’Artillerie

Tous les officiers du Régiment royal de l’Artillerie canadienne qui servent en Angleterre sont membres honoraires du « Royal Artillery Mess » de Woolwich. Des privilèges réciproques sont accordés aux officiers d’artillerie du Commonwealth par le Mess des officiers de la maison régimentaire à Shilo.

(110 à 199 inclusivement - disponibles)