L’origine de l’École d’Artillerie remonte à l’an 1871 quand l’Ordonnance de la Milice no 24 autorise l’établissement de deux batteries de garnison. L’ordonnance précise que ces deux batteries serviraient de « Schools of Gunnery/ écoles de tir » pour la Milice. Ainsi sont établies, respectivement à Kingston et Québec, les batteries écoles d’artillerie « A » et « B ».
En 1880, la reine Victoria donne aux deux écoles les titres « Royal Schools of Gunnery ». Sous la surveillance du Major-général Thomas Bland Strange, « père de l’artillerie canadienne », une décennie de bons progrès se passe. Le Général Strange conçoit le premier manuel canadien sur l’artillerie, manuel qui fournirait les principes de base pour toute instruction milicienne jusqu’à la fin du XIXe siècle. L’an 1880 voit aussi l’arrivée de la batterie « C » à Victoria au moment où la jeune nation dirige son regard vers le Pacifique.
Après la Grande Guerre, les écoles sont réorganisées. Les deux batteries, « A » et « B », sont maintenant en garnison à Kingston tandis que la Batterie « C » se retrouve à Winnipeg. Malgré les restrictions financiers imposées par la dépression économique, l’instruction en artillerie continue pendant les années 20 et 30. Les cours de qualification sont donnés en hiver aux écoles et les concentrations de la Milice se déroulent aux camps de Petawawa, Valcartier et Sarcee durant la période estivale.
L’empire britannique est encore en état de guerre à partir de 1939. Pendant les six années de la Seconde Guerre mondiale, l’instruction en artillerie de campagne est donnée à plusieurs endroits, mais les principaux centres se situent à Petawawa, Brandon et Shilo. La « Royal School of Artillery » à Larkhill en Grande Bretagne fournit aussi l’instruction aux artilleurs canadiens en service actif dans le théâtre d’opérations européen. Une école canadienne d’artillerie est établie par la suite à Seaford en Angleterre, mais l’excellente coopération avec l’école britannique continue jusqu’à présent.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la taille des forces de défense antiaérienne du Canada s’accroît de façon spectaculaire; 11 régiments sont alors en poste au pays et huit autres régiments sont de service outre-mer. L’École d’artillerie royale du Canada (antiaérienne) voit le jour à Picton, en Ontario, pendant cette même période. Cette dernière demeure en service jusqu’en 1960 alors qu’il est décidé par l’Armée canadienne de ne plus poursuivre d’entraînement antiaérien.
En 1947, le centre d’instruction en artillerie à Shilo devient la « Royal Canadian School of Artillery (Field, Medium and Anti-Tank) » / École royale canadienne d’artillerie (de campagne, moyenne et antichar). Suite à la fermeture de l’École d’artillerie antiaérienne a Picton (Ontario) en 1960, l’école à Shilo accepte la responsabilité de toute l’instruction en artillerie au Canada.
À l’unification des Forces canadiennes le 1er février 1968, la « Royal Canadian School of Artillery » devient l’École d’artillerie des Forces canadiennes. À partir de 1970, l’école fait partie de l’École des armes de combat et elle porte le titre curieux de « Indirect Fire Company » (Compagnie de tir indirect). Cette « compagnie » se retrouve maintenant à la BFC Gagetown. Durant les années 70, deux autres changements surviennent : en 1974, l’école prend le titre de Division d’artillerie et en 1979, suite à la dissolution de l’École des armes de combat, elle reparaît sous le titre d’École d’artillerie.
L’entraînement antiaérien recommence en 1975 à cause de la nécessité de fournir de l’artillerie antiaérienne terrestre aux aérodromes canadiens situés en Allemagne. L’école crée la Batterie antiaérienne afin de combler les besoins d’instruction individuelle des diverses unites antiaériennes situées au Canada et en Allemagne.
L’École d’artillerie de défense antiaérienne est fondée le 11 septembre 1985 à la BFC Chatham. Tous les cours avancés sont dès lors centralisés à la BFC Chatham au N.-B. L’École d’artillerie antiaérienne comprend la Batterie d’instruction en artillerie, la Batterie d’instruction en maintenance, la Batterie du quartiergénéral, le 210e Atelier de maintenance antiaérienne et la 4e Batterie antiaérienne. Au moment où l’École d’artillerie antiaérienne est établie en 1986 à Chatham (N.-B), l’école située à Gagetown adopte son titre d’avant fusion : l’École d’artillerie de campagne.
Les forces armées canadiennes doivent réduire leurs coûts de fonctionnement en 1994-1995. Des plans de restructuration sont donc élaborés et mis en oeuvre. Ceux-ci incluent la fermeture de plusieurs petites bases dont la BFC Chatham. Vu le déménagement de l’École d’artillerie antiaérienne à la BFC Gagetown en 1995 et le besoin de réduire d’avantage les coûts d’opération, l’Op Mistral dirige la fusion de l’École d’artillerie de campagne et de l’École d’artillerie antiaérienne pour former l’École d’artillerie. Cette nouvelle école devient l’établissement de tous les instructeurs portant l’insigne d’artillerie au CIC. En même temps que la fusion, le 210e Atelier de maintenance antiaérienne est transféré au 4e Régiment antiaérien. La 4e Batterie antiaérienne est réduite à effectif zéro et son personnel de même que l’équipement est transféré à la batterie « W » afin d’amaigrir le besoin en soutien de l’École d’artillerie.
L’École d’artillerie qui se situe à l’édifice J-7 de la BFC Gagetown avec les écoles des blindés, des tactiques et d’infanterie est constituée de quatre sous-unités dont la Batterie du quartier général, la Batterie d’instruction en maintenance, la Batterie d’instruction en artillerie et la Batterie « W ». Les ressources humaines de l’école se composent d’environ 50 officiers, 85 sous-officiers et 150 militaires du rang, pour un total de 285 personnes incluant cinq employés civils.