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La
tradition d’une unité d’artillerie à Lévis remonte à 1862, alors
que les Batteries no3 et no4 d’Artillerie de garnison
(volontaire) de Lévis sont formées. L’année suivante, ces batteries
sont modifiées pour devenir des compagnies
d’artillerie à pied de la milice volontaire. Les compagnies de Lévis
demeurent indépendantes, alors que
celles de Québec sont unifiées sous un même commandement. En 1864,
toutes ses compagnies sont regroupées et
désignées sous le nom de Bataillon provisoire d’artillerie de garnison.
Les changements n’arrêtent pas, alors que
les compagnies de Lévis sont retranchées du bataillon provisoire en 1867
pour devenir les 1iere et 2ieme Batteries
de Lévis.
Avec
le départ des troupes britanniques en 1871 et la création des premières
forces permanentes canadiennes, plusieurs
membres des batteries de Lévis se joignent à ceux des batteries de Québec
pour former l’une des premières unités
des Forces canadiennes, la Batterie « B ». Les batteries de Lévis
continuent leur entraînement alors qu’elles sont
licenciées en 1878 pour créer la Batterie no1 de Lévis (volontaire).
Une autre réorganisation survient en 1893 alors
que la Compagnie no2 de Lévis de l’Artillerie de garnison (volontaire)
est formée.
Le
« 6th Quebec and Levis Regiment Canadian Garrison Artillery » est créé
le 1 août 1899 suite à la réorganisation des
batteries indépendantes d’artillerie de garnison de Québec et de
Lévis.
Le commandement est alors assumé par le
lieutenant-colonel Georges S. Vien. Le Quartier Général est établi à Lévis
alors que le Régiment est formé de quatre
sous-unités; les batteries 1, 2, 3 et 4. Ces batteries sont formées à
partir d’unités déjà existantes comme les
compagnies No 1 et 2 d’Artillerie de garnison de Lévis qui deviennent
respectivement les 1ere et 2e batteries d’artillerie
de garnison (volontaire). Alors que la compagnie de Québec d’artillerie
de garnison (volontaire) est scindée
afin de former les 3e et 4e batteries d’Artillerie de garnison (volontaire).
Le 6e régiment
est donc composé à ce
moment de quatre batteries équipées de canons de 40 livres à chargement
par la bouche.
En
1911, le « 6th Quebec and Levis Regiment » est converti en unité de défense
côtière. Il est alors renommé le « 6th (Quebec
and Levis) Coast Regiment canadian Artillery ». Trois
sous-unités composent alors le régiment soit les compagnies
1, 2 et 3 de défense côtière de la milice non-permanente, alors que les
Quartiers-généraux du régiment occupent
le nouveau manège militaire construit à Lévis.
Au
cours de la Première Guerre mondiale, les plans de mobilisation sont
totalement restructurés, de nouvelles unités sont
créées afin de participer au conflit en Europe, alors que les unités
existantes ne sont pas mobilisées pour le front.
Cependant, le « 6th (Quebec and Levis) Regiment of Canadian Garrison
Artillery » est mis en service actif en septembre
1914 pour défendre le Fleuve Saint-Laurent. Le Régiment s’installe à
Beaumont au Fort de la Martinière où
deux batteries de défense côtières ont été aménagées avant le
conflit. Un poste d’observation est aussi installé à Saint-Jean
de l’île d’Orléans. Durant l’hiver, les glaces empêchant la
circulation navale, le Régiment n’est pas en service
actif et peut effectuer d’autres tâches. Certains artilleurs de Lévis
ont aussi la chance de s’enrôler dans la «
no 6 Company Royal Canadian Garrison Artillery » qui est spécialement
formée pour défendre Port Castries dans l’île
de Sainte-Lucie. À la fin du conflit, le régiment retourne à la routine
d’avant-guerre comme unité de milice non-permanente
pour entraîner des officiers et des artilleurs dans la région.
En
1925, le régiment est équipé de pièces d’artillerie lourdes et est
maintenant désigné sous le nom de « 6th (Québec et
Lévis) Coast Brigade Canadian Artillery ». Les Compagnies no 1(Lévis),
2 (Lévis) et 3 (Québec), sont renommées respectivement
les 57e, 58e et 59e Batteries lourdes. De plus, la 3e section
d’artillerie antiaérienne est créée et rattachée
à cette brigade. Durant la période 1922 à 1935, la « 6th
(Quebec
and Levis) Coast Brigade » se distingue durant
les compétitions nationales en remportant plusieurs prix prestigieux.
Une
autre réorganisation vient changer la fonction de l’unité en 1936,
alors qu’elle devient la « 6th (Quebec and
Levis) Medium (H)Brigade, RCA. » Les
sous-unités deviennent des batteries d’artillerie de campagne. La
désignation
(H) dans le nom du régiment signifie Howitzer, pour indiquer le type
d’armement utilisé, soit des obusiers
de 6 pouces. Les « 57th Medium Battery »,
« 58th Medium
Battery » et « 59th
Medium Battery » sont donc
maintenues
et adoptent leur nouveau rôle, alors que la 3e section d’artillerie
antiaérienne est augmentée pour devenir la
« 3rd Anti aircraft Battery, RCA. »
Lorsque
la Seconde Guerre mondiale éclate, la « 6th (Quebec
and Levis) Medium Brigade » n’est pas mobilisée en
tant
qu’organisation, mais ses sous-unités reçoivent des tâches spécifiques
et plusieurs de ses membres se déploient outre-mer.
La
« 57th Medium Battery » est mobilisée en novembre 1939 et réorganisée
en Batterie antiaérienne. Elle participe à
la défense de l’Angleterre contre les chasseurs et bombardiers
allemands. En 1942, elle prend l’appellation de «
57th Light Anti Aircraft Battery (French speaking) ». Cette
sous-unité est dissoute en 1944, alors que ses membres
sont
versés au « 4th Medium Regiment » sur le front où plusieurs autres
membres de la « 6th (Quebec and Levis) Medium
Brigade » servent.
La
« 58th Medium Battery » est mobilisée le 29 juillet 1941 pour servir
dans le « 20th Regiment, RCA » avec la
« 50th Battery » de Montréal et la « 72nd Battery » de Coaticook. Le
« 20th Regiment » doit être une unité francophone
et s’entraîner à Valcartier, mais en 1942, il est transféré à
Petawawa et devient le « 4th Medium Regiment
RCA. » La 258e batterie de cette unité perpétue la tradition de la 58e
batterie mobilisée à Lévis en 41.
Le « 4th Medium
Regiment » tire son premier obus contre l’ennemi le 13 juillet 1944 et
participe ensuite aux batailles
de France, de Belgique et de l’Allemagne, en soutien à la 1ere Division
blindée polonaise. Le régiment se
distingue durant toutes les campagnes et particulièrement les anciens
membres de la « 6th (Quebec and Levis) Medium
Brigade », qui reçoivent plusieurs décorations et promotions.
La
« 59th Medium Battery » est réorganisée en 1939 pour devenir la « 59th
Heavy
Battery. » Cette dernière est mobilisée
dès le 28 août 1939 et reçoit l’ordre de défendre la Ville de Québec
contre toute invasion marine de l’ennemi.
A cet effet, la batterie occupe comme au Premier Conflit mondial, le Fort
de la Martinière. Des baraques et
de nouvelles batteries permanentes sont aménagées. Durant l’hiver
1940, la batterie quitte Beaumont pour Halifax et
occupe les défenses du Fort McNab. En avril, la batterie est de retour au
Fort de la Martinière et élargit ses effectifs.
En effet, la réalisation la plus importante de la 59e batterie durant la
guerre fut l’entraînement d’officiers et
d’artilleurs qui se disperseront aux quatre coins du Canada pour la défense
côtière, tout en continuant la défense du
Port de Québec.
La
« 3rd Aircarft Battery » est mobilisée le 26 août 1939 et est réorganisée
en 41 pour devenir la « 17th Air-Defense Battery
» qui défend le complexe industriel et énergétique d’Arvida. En
1942, la « 12th »
et « 41st anti-aircraft Batteries
» se joignent à la « 17th Battery » pour former le « 24th Air Defense
Regiment » commandé par le Lieutenant-colonel
J.R. Samson, un ancien de la « 6th (Quebec and Levis) Medium Brigade. »
En 1943, la « 17th Air Defense
Battery » quitte Arvida pour aller défendre l’aéroport allié de
Gander à Terre-Neuve. Il poursuit ce travail jusqu’à
la fin de la guerre, en raison de l’importance stratégique de cet
aéroport.
A
la fin de la guerre, plusieurs unités sont démobilisées et il faut
attendre le 1e avril
1946 pour que l’unité soit redésignée
le « 6th Field Regiment, RCA. » Celle-ci est composée de trois
sous-unités; les « 58th »,
« 59th » et « 80th Field
Batteries. » La « 57th Medium Battery » ayant été dissoute durant la
guerre, cette batterie est remplacée au sein
de l’unité par la « 80th Field Battery. » Quant à la « 3rd Air
Defense Battery », elle est renommée la 203e Batterie
antiaérienne légère du 63e Régiment antiaérien léger. La routine de
temps de paix reprend pour les artilleurs de
l’unité. Le Quartier général régimentaire sera successivement Québec
et Lévis.
Le
1er mai
1951, la 58e Batterie est mobilisée pour servir avec le « 79th Field
Artillery Regiment. » Ce régiment est
activé afin de supporter la brigade canadienne en Europe, dans le cadre
des engagements pour l’Organisation du
traité de l’Atlantique nord (OTAN). Après un an de service actif, la
plupart des artilleurs de la région de Lévis reviennent
au pays, mais la batterie demeure avec le « 79th Field
Artillery Regiment » qui sera finalement redésigné
le « 3rd Royal
Canadian Horse Artillery Regiment » en novembre 1953. Quelques membres
originaux de la batterie de
Lévis sont font toujours parti du « 3rd RCHA
» lorsque cette unité est déployée en Corée en mai 1954.
Des
changements majeurs surviennent en 1954, alors que le 35e Régiment
antichar est amalgamé à la « 59th Field Battery
» du « 6th Field Regiment. » De
plus, la 132e batterie antichar est quant à elle, amalgamée à la «
80th Field Battery.
» Alors que la 145e Batterie antichar est amalgamée à la « 82nd Field
Battery » de Gaspé. Cette dernière est affectée
au « 6th Field Regiment » comme quatrième sous-unité. Dans le même
temps, la « 57th Locating
Battery » de
Québec est dissoute. Le chiffre de 57 étant de nouveau disponible, la 80e
batterie
change de nom pour reprendre la tradition
de la 57e Batterie
au sein du Régiment.
En
1960, le « 6th Field Regiment » change de nom pour le « 6th Field
Artillery Regiment, RCA. » En 1964, la
59e batterie de campagne déménage dans le Manège militaire de Montmagny
anciennement occupé par une compagnie
des Fusiliers du Saint-Laurent. Cependant en 1965, la 82e Batterie de
campagne de Gaspé est réduite à
effectif nul.
Le
1er septembre
1970, le « 6th Field Artillery Regiment » est désigné le 6e Régiment
d’artillerie de campagne (RAC) avec
trois batteries soit : la 57e Batterie, la 58e Batterie
et la 59e Batterie.
Le Quartier Général régimentaire occupe le Manège
militaire de Lévis. En 1984, à l’occasion de son 85ème anniversaire
de fondation, le régiment se voit octroyer le
Droit de Cité de la Ville de Lévis, par son Maire monsieur Vincent
Chagnon.
Le
19 septembre 1992, la 58e Batterie change de rôle pour devenir une
Batterie d’artillerie anitaérienne. Elle est alors
désignée la 58e Batterie d’artillerie antiaérienne. Elle est aussi dé
ménagée plus tard du Manège militaire de la
Grande-Allée à la Base de Valcartier.
Plus
récemment, suite à l’annonce de la restructuration de la Réserve de
l’Armée de terre, ainsi qu’à la mise
en place des Tableaux de dotation de la Force Terrestre (TDFT) en 1996, le
Régiment doit à nouveau se réorganiser.
C’est en avril 1997, que les effectifs de la 59e Batterie
se joignent à la 57e Batterie
qui devient l’élément de
mission du 6e Régiment
d’artillerie de campagne. Lors de cette réorganisation, le Quartier général
de la 57e Batterie
est déménagé à Montmagny afin de mieux desservir les membres de la
batterie qui proviennent à la fois de
Lévis et de Montmagny. Lors de cette restructure, le Régiment démontre
son professionnalisme en obtenant la mention
de meilleur régiment d’artillerie de campagne, lors des évaluations de
1997 et 1998, au sein du Secteur du
Québec de la Force terrestre.
Le
16 mai 1999, à l’occasion de l’ouverture de ses fêtes régimentaires
soulignant son 100ème anniversaire,
et afin de souligner
35 années de présence à Montmagny, le 6e Régiment
d’artillerie de campagne s’est vue accordé et a exercé
pour
la première fois, le Droit de cité dans la ville de Montmagny.
La
tâche du 6e Régiment d’artillerie de campagne est de fournir une
batterie d’artillerie de campagne au besoin, pour
renforcer le 5e Régiment d’Artillerie légère du Canada. Le Régiment
doit pour cela former sont personnel sur les
habiletés de base des soldats et de l’artilleur en complétant chaque
année, un recyclage des normes individuelles d’aptitudes
au combat et en accomplissant plusieurs exercices de tir réels
d’artillerie, généralement sur la Base de Valcartier.
L’élément de mission utilise les obusiers 105mm C3 et conduit
annuellement de 4 à 5 exercices de tir réel annuellement,
en plus de conduire un exercice régimentaire avec les autres unités
d’artillerie du secteur, de la réserve et
de la composante régulière. En mai 2000, le Régiment a fourni près de
20 membres de tous grades pour servir avec le
5e RALC
lors de l’exercice LION INTRÉPIDE à Gagetown et ce, pour une période
de plus d’un mois.
Durant
ses 100 ans d’existence, le 6e Régiment d’artillerie de campagne a
fourni en grand nombre, des artilleurs pour
la force permanente et les Forces canadiennes, qui se distinguèrent sur
tous les fronts. Que ce soit en Europe durant
les deux Guerres mondiales, au pays lors d’action d’aide au pouvoir
civil comme le déploiement dans le
Nord-Ouest en 1885 ou la récente tempête de verglas de 1998, en passant
par différentes missions des Nations- Unies
ou de l’OTAN. Durant les cinq dernières années, le Régiment a déployé
plus de 60 soldats et officiers lors
des opérations telles que Danaca (Israël), Récupération (verglas),
Alliance (Ex-Yougoslavie)., Stable (Haïti) et
tout dernièrement Palladium (Ex-Yougoslavie). Le 6e Régiment
d’artillerie de campagne possède une excellente réputation
au sein de l’artillerie canadienne. Ses soldats et officiers sont
reconnus pour leur professionnalisme et leurs
connaissances techniques.
Les
armoiries du régiment, qui ont été adoptées le 5 juin 1904, sont
composées des armes de la ville de Lévis, surmontées
d’un casque de chevalier reposant sur un canon de garnison, entouré
d’un faisceau de drapeaux anglais et fleurs-de-lisés
avec pour devise les paroles prononcées par le Chevalier de Lévis sur
l’île Sainte-Hélène en 1760 en référant
à ses canons: LES RENDRE... JAMAIS. |